Début octobre, le même équipement doit servir pour un après-midi en plein soleil dans le désert de Mojave et, quelques jours plus tard, pour une matinée froide à plus de 2 000 mètres d’altitude en Arizona, avant de finir sous le ciel changeant du lac Michigan. C’est toute la particularité de la Route 66 en automne : en roulant d’ouest en est, on ne traverse pas une saison mais plusieurs climats, à quelques jours d’intervalle. Mieux vaut savoir à quoi s’attendre dans chacun.
Fera-t-il encore chaud dans le désert de Mojave ?
Probablement, au moins l’après-midi. Le Mojave, que l’on traverse dès les premiers jours entre Barstow et la vallée du Colorado, reste chaud au début de l’automne, avec un soleil franc, un air très sec et presque pas d’ombre. Les nuits, en revanche, se rafraîchissent nettement, et l’écart entre le petit matin et le milieu de journée surprend.
À moto, la chaleur sèche est trompeuse : la transpiration s’évapore aussitôt et l’on ne se sent pas se déshydrater. Buvez à chaque arrêt, même sans soif, préférez une veste ventilée aux bras nus, et profitez de la fraîcheur matinale pour les longues portions. Autour d’Amboy, les points de ravitaillement sont rares : l’eau fait partie du chargement.
Faut-il vraiment prévoir des vêtements chauds en Arizona ?
Oui, et c’est ce qui déroute le plus ceux qui associent l’Arizona au désert. Après Kingman, la route grimpe vers le plateau du Colorado : Flagstaff se trouve à plus de 2 000 mètres d’altitude, et Gallup puis Santa Fe, au Nouveau-Mexique, sont elles aussi perchées sur de hauts plateaux. En octobre, les matinées y sont fraîches, souvent froides, et une gelée matinale n’a rien d’exceptionnel. Les journées peuvent ensuite se révéler lumineuses et douces.
La parade tient au système des couches : un sous-vêtement technique, une couche intermédiaire chaude, la veste, et une paire de gants d’hiver en plus des gants d’été. Quitter Flagstaff à huit heures en tenue de désert, c’est passer la première heure à grelotter. Une doublure de pluie fait aussi office de coupe-vent.
Le soleil, lui, ne faiblit pas avec le froid. En altitude et dans un air aussi sec, il marque vite le visage et le dos des mains, y compris par une matinée où l’on a gardé la polaire. Une crème solaire dans la poche de la veste et un tour de cou suffisent, encore faut-il y penser alors qu’on a froid.
Que réserve le vent des Grandes Plaines ?
À l’est de Tucumcari, le relief s’efface. Le Panhandle texan puis l’Oklahoma déroulent des lignes droites à perte de vue, avec presque rien pour arrêter le vent, qui frappe souvent la moto de côté. Ce n’est pas dangereux en soi, mais épuisant : on corrige sa trajectoire en permanence, et chaque camion croisé envoie sa bourrasque. Réduire un peu l’allure, tenir le guidon sans crispation et allonger les distances de sécurité suffit en général. Autre effet du trajet plein est : le matin, le soleil bas se lève dans l’axe de la route et éblouit pendant la première heure. Des lunettes teintées sous une visière claire règlent le problème mieux qu’un écran fumé, inutilisable le soir.
L’automne est aussi, dans les Plaines, une période où des orages peuvent éclater, moins fréquents qu’au printemps mais parfois violents. Consultez chaque matin les prévisions du National Weather Service, et acceptez de décaler un départ de deux heures si un front orageux est annoncé sur l’étape.
À quoi ressemble l’arrivée dans le Midwest à la mi-octobre ?
Un départ type en donne la mesure. Prenez un départ programmé du 3 au 17 octobre 2027, comme celui de l’offre de Route 66 à moto pas cher sur https://www.wildtravelers.com/tour/eternelle-r66/ : le désert arrive dès les premiers jours, Chicago vers la mi-octobre. Dans le Missouri et l’Illinois, l’automne est alors bien installé : les forêts des Ozarks commencent à prendre leurs couleurs, les journées sont plus fraîches et les averses plus fréquentes qu’en Arizona.
Les jours raccourcissent aussi, et c’est un point de sécurité plus qu’un détail de confort. À la tombée du jour, les cerfs traversent volontiers les routes rurales du Midwest, surtout à cette saison. Prévoyez des étapes qui vous font arriver avant le crépuscule, et gardez la tenue de pluie sur le dessus des sacoches plutôt qu’au fond.
Pour boucler votre bagage, pensez à la matinée la plus froide du voyage, probablement sur les hauts plateaux entre Flagstaff et Santa Fe, plutôt qu’à la moyenne du séjour : c’est elle qui décidera si vous appréciez la route ou si vous la subissez.
